Christian Escoudé
& progressive sextet
Ma ya. Ya
Mars 2005
www.nocturne.fr
Bon, allez, une petite tranche de jazz manouche en guise de
coupe-faim (c'est un peu comme l'art et essai entre deux blockbusters
: au moins, ça donne bonne conscience). Mais attention, on
est jeune, on est moderne, et, bien sûr, on est cultivé.
Bref, on est exigeant (et curieux), et il ne s'agit pas de se faire
refiler la dernière compilation du maître sur ses nuages
ou de son Hoth Club Jazz France de Jazz de France, je me rappelle
jamais le nom. Non là, c'est du neuf, du bien neuf, en provenance
directe de l'héritier officiel parmi d'autres. Ceci dit,
le jazz manouche, c'est pas toujours ça, hein, parce que
Tony Gatlif, ça sert à rien d'aimer si on n'est pas
entre intellectuels, et que l'intérêt forcé
pour la musique des gitans, ça remplace pas les WC près
des campements d'où on s'apprête à les virer.
Mais là, attention, c'est du bon, c'est du vrai, c'est du
pro. C'est qu'il faut un minimum, pour signer un disque, savoir
jouer de la musique par exemple, et pas seulement gratouiller la
guitare au clair de brasero dans la friche industrielle. Ceci dit,
le nomade, c'est bien porté. On est tous nomades, on prend
tous les transports (on est tous Parisiens), on a tous un portable
(on a tous du pognon), on sort là où on veut quand
on veut avec qui on veut et vl'à la soirée c'est trop
bien c'est trop fort (on est tous nomades). Ah, que c'est bon, de
pouvoir se payer un disque sans réfléchir et de se
le passer sur sa chaîne dernier cri avant de le transférer
sur iPod et de le réécouter sur station Bose ! C'est
pas les manouches qui pourraient faire ça, croyez-moi ! Ceci
dit, la guitare, c'est quand même plutôt moche, par
rapport au piano, surtout quand il y en a deux, et même s'il
y a aussi un accordéon, ce qui permet toujours de relativiser
les choses. Bref, le dernier Escoudé, il fait très
disque de plus, et pas si manouche que ça finalement. Allez,
je m'extrais le premier morceau, et je le mets sur mon lecteur MP3.
Je vais seulement le rebaptiser "jazz nomade", si vous
le permettez. |